Tout droit sortis de la nouvelle de Georges Langelaan, du génie de Cronenberg et des docus cocasses de striptease, Valérie Lesort, Christine Murillo et Christian Hecq nous offrent quarante premières minutes de virtuosité. Des salves de rires parcourent toute la salle toutes les trente secondes. Quelle performance !
Entre humour caustique, science-fiction et génie clownesque, Maman et Robert nous plongent dans l'univers modeste de cette mère excentrique et imposante et de son fils joueur, introverti et colérique, qui tâchent d'exister plutôt que de vivre. Robert est passionné par la mécanique quantique, et plus particulièrement par la téléportation. Avis aux amateurs du film : l'histoire est là. Dès le lever de rideau, tout y est. L'ambiance sonore et visuelle, très léchée et coutumière de ce duo des merveilles (Lesort et Hecq), suffit à nous couper du monde extérieur quelques instants pour suivre le quotidien simple de cette petite famille. Énergie, rythme, gags, humour allant du plus fin au plus grossier : ces deux premiers tiers de spectacle m'ont conquis. Davantage encore lorsque l'idylle entre Robert et Marie-Pierre est sur le point de naître. Elle n'ira pas plus loin, et tant mieux : le spectateur ne peut être déçu d'être surpris.
Les trois comédiennes (la mère, Robert et Marie-Pierre) sont à l'écoute les unes des autres, jouent ensemble, se régalent finalement, et nous régalent avec elles.
Mais alors : que se passe-t-il lorsque l'inspecteur arrive ? Le rythme retombe, et c'est dommage. Toute la dernière partie est molle et fait décrocher le spectateur de cette énergie initiale. Une fin qui fait pschitt. Dommage pour un spectacle qui tenait pourtant toutes ses promesses..
Alexis Savigny
